Slasher movies
Nourri par des monstres bien réels, le slasher s’est imposé comme la veine viscérale de l’horreur. De Norman Bates à Leatherface, puis des boogeyman des années 70-80 à la création de Scream, on y retrouve toujours ces mêmes codes : le tueur masqué, l’arme blanche, les montées en tension, ou encore “la final girl”. Kitsch, adrénaline et oppression sonore, le slasher ne cesse de se réinventer.
Installez-vous confortablement, c’est l’heure de la rétrospective.
1. Halloween de John Carpenter (1978)
L’intrigue :
Le 31 octobre 1963, à Haddonfield, Michael Myers, âgé de six ans, assassine sa sœur de seize ans, Judith, à coups de couteau de cuisine.
Souffrant de démence, il est interné en hôpital psychiatrique jusqu’à sa majorité. Le 30 octobre 1978, il est transféré vers le lieu de son procès afin d’être jugé pour son crime. Il parvient à s’évader et retourne sur les lieux de son enfance.
Son psychiatre, le docteur Samuel Loomis, fait tout son possible pour retrouver Michael Myers, qu’il juge dangereux pour la société. De son côté, le tueur suit toute la journée un groupe de lycéennes : Lynda Van Der Klok, Annie Brackett et Laurie Strode. Cette dernière est la seule à remarquer sa présence, tandis que ses deux amies pensent qu’elle devient paranoïaque.
La traque commence : Laurie Strode semble intéresser tout particulièrement l’illustre inconnu qui la suit…
Mon avis :
C’est le tout premier slasher que j’ai découvert quand j’ai commencé à m’intéresser au genre, et il m’a marqué. La musique oppressante (signée John Carpenter) installe une tension continue, l’esthétique est soignée. La final girl incarnée par Jamie Lee Curtis est mémorable, et l’antagoniste est atypique.
Halloween réussit à faire beaucoup avec peu : quelques accords au piano, des ruelles désertes, un masque iconique…
Je sais que tous les épisodes de la franchise ne se valent pas, mais l’original reste, pour moi, un slasher d’exception. Il fixe les codes du genre, tout en conservant une efficacité qui n’a pas vieilli. Bref, un classique qui justifie à lui seul qu’on s’intéresse au genre.
2. Vendredi 13 de Sean S. Cunningham (1980)
L’intrigue :
Le film débute en 1958 à Crystal Lake : deux moniteurs sont assassinés dans une cabane après s’être isolés. Vingt et un ans plus tard, le camp rouvre. Les nouveaux moniteurs préparent les lieux tandis qu’Annie, recrutée comme cuisinière, s’y rend en auto-stop. Malgré les mises en garde de Ralph, le “fou du village”, elle poursuit son voyage et se fait prendre en chasse par un conducteur qui finit par la tuer.
Au camp, l’horreur bat son plein. En pleine tempête, les jeunes sont traqués par un tueur et sont éliminés un à un. Cherchant de l’aide, Alice croise une femme : Pamela Voorhees. Celle-ci lui révèle la noyade de son fils, Jason, en 1957, qu’elle impute à la négligence des moniteurs et avoue être la tueuse. S’ensuit une lutte au bord du lac : Alice parvient à vaincre Pamela, puis se réfugie dans un canoë. À l’aube, elle se réveille ; une silhouette surgit des eaux et tente de la noyer. Elle reprend connaissance à l’hôpital, où on lui affirme qu’il ne s’agissait que d’un cauchemar. Elle demande alors s’ils retrouvé l’enfant ?
Mon avis :
Vendredi 13 incarne le slasher dans sa forme la plus canonique : un camp de vacances perdu au cœur de la forêt, des jeunes venus de tout le pays pour un job d’été, et dans l’ombre, un tueur qui transforme le décor en terrain de chasse. Dans ce premier volet, c’est surtout Pamela, la mère de Jason, qui sévit, pour venger la mort de son fils : Jason.
Tous les ingrédients sont là et fonctionnent : le groupe qui n’est là que pour s’amuser, l’isolement total, la montée en tension nocturne, meurtres à l’arme blanche… L’efficacité vient autant du cadre que du rythme que de la simplicité du dispositif…
Jason n’est pas mon slasher préféré, puisqu’il me paraît trop évident pour les raisons déjà évoquées, mais il n’en reste pas moins une figure mythique du genre. Qu’on l’adore ou non, Vendredi 13 fait partie de ces pierres angulaires qui ont fixé les codes et alimenté l’imaginaire du slasher pendant des décennies.
3. Les griffes de la nuit de Wes Craven (1984)
L’intrigue :
En 1981, à Springwood, Tina Gray est hantée par des cauchemars où un homme ganté de lames la pourchasse. Sa meilleure amie, Nancy Thompson, découvre qu’elle fait les mêmes rêves.
Tina est assassinée dans son sommeil ; son petit ami Rod, témoin impuissant, s’enfuit et sera retrouvé plus tard pendu en cellule. Nancy, traquée à son tour dans ses rêves, tente de rester éveillée à la caféine et aux somnifuges inversés, puis est envoyée par sa mère dans une clinique du sommeil. Là, elle comprend qu’elle peut ramener du monde onirique des objets dans la réalité : une clé pour affronter le tueur.
Mon avis :
L’univers onirique imaginé par Wes Craven m’a complètement conquis : la fusion fantastique/slasher fonctionne à merveille. Les Griffes de la nuit déplace la peur sur le terrain des rêves, où Freddy Krueger franchit la frontière du réel pour traquer ses victimes.
On n’y retrouve pas l’oppression continue d’un Halloween, mais l’alternance entre veille et cauchemar créent un suspense ludique et déroutant. Résultat : un slasher aux règles propres, porté par une iconographie forte et un concept malin, qui reste étonnamment agréable et efficace à (re)voir.
4. Hellraiser : le pacte de Clive Barker (1987)
L’intrigue :
Frank Cotton, recherche de nouveaux plaisirs, et met la main sur une casse-tête. À peine l’objet résolu, des chaînes surgissent, l’empoignent et l’arrachent au monde des vivants. Des mois plus tard, son frère Larry s’installe dans la vieille maison familiale. Lors du déménagement, Larry se blesse et quelques gouttes de sang s’infiltrent dans le plancher du grenier suffisant à rappeler Frank sous une forme incomplète, suintante et presque informe.
Découvrant cette créature, Julia (la belle-sœur de Frank) cède à sa fascination et accepte de l’aider. Elle attire alors des hommes de passage jusqu’au grenier et les abat pour nourrir la régénération de Frank, qui retrouve peu à peu sa peau et ses traits. Mais l’artefact qu’il a ouvert n’était pas un simple jouet : il relevait des Cénobites, entités sadiennes menées par Pinhead, pour qui douleur et plaisir ne font plus qu’un. Alertés par la résurrection de leur fugitif, ils tentent de le ramener…
Mon avis :
Je salue l’audace et la créativité de Clive Barker, qui bâtit un univers foisonnant en empruntant des figures de la mythologie et de la religion. Je ne suis pas une adepte du thème du sadomasochisme, mais je reconnais la puissance de l’idée : un monde régi par la douleur et le plaisir, incarné par les Cénobites. Et lier le royaume à un casse-tête est un choix particulièrement intéressant.
5. Souviens-toi… l’été dernier de Jim Gillespie (1997)
L’intrigue :
En 1997, quatre amis fêtent le 4 juillet sur une route côtière quand leur voiture renverse un inconnu. Paniqués, ils jettent le corps en mer et se jurent de ne plus jamais en parler. Un an plus tard, le groupe a pris ses distances, menant leur propre vie. Julie reçoit un message glaçant : « Je sais ce que tu as fait l’été dernier ». Le groupe se reforme, mais un mystérieux individu en ciré de pêcheur, armé d’un crochet, commence à les harceler.
En enquêtant, ils croient d’abord avoir tué David Egan, lié à un drame local. La vérité se précise : leur persécuteur est Ben Willis, un pêcheur animé par la vengeance. Les attaques s’enchaînent jusqu’à l’affrontement final sur les quais, où Julie et Ray parviennent à neutraliser Ben… Du moins en apparence.
Mon avis :
Ce qui m’a séduit dans ce slasher, c’est son décor maritime : une petite ville côtière qui vit de la pêche, ses quais brumeux, et, au cœur de l’été, l’effervescence du 4 juillet. Le tueur profite de l’insouciance générale pour frapper à l’abri des regards et du vacarme.
Souviens-toi…l’été dernier appartient à la seconde vague des slashers et introduit quelques variations intéressantes sur les codes classiques dont une final girl qui ne survit pas seule : son petit ami la sauve du crochet du tueur.
C’est un film que je peux revoir à la moindre occasion : l’atmosphère maritime anxiogène, le mélange de suspense et la nostalgie des années 90 fonctionne toujours autant.
◖In fine
Chaque film a sa propre identité, et son propre slasher sans jamais déroger aux codes : un décor isolé, une menace tenace, une final girl et une esthétique soignée. Qu’il flirte avec le fantastique ou s’acoquine avec le gore, le slasher survit parce qu’il sait se réécrire sans renier ses fondamentaux.
Que l’on revienne aux classiques ou qu’on explore les dernières créations, une chose reste vraie : on regarde le film pour le frisson, et puis… Pour ses figures.
Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter un bon visionnage !
Ressources :
Films :
Carpenter John, Halloween (1978), disponible sur Plex
Cunningham Sean, Vendredi 13 (1980), disponible à l’achat sur Prime video
Craven Wes, Les griffes de la nuit (1984), disponible à l’achat et à la location sur Prime video
Barket Clive, Hellraiser : le pacte (1987), disponible sur Prime video
Gillespie Jim, Souviens-toi…l’été dernier (1997), disponible sur Shadowz