Secrets, complots & cinéma
J’apprécie les films ayant pour thématique la conspiration et le fantasme d’une potentielle alliance entre gouvernement et extraterrestres. Tout cela donne naissance à de nombreux films de science-fiction. Du film culte au film de série B, cette sélection privilégie les ambiances mystérieuses, paranoïaques et inquiétantes, les codes que l’on retrouve dans l’épisode « Gorge Profonde » dans X-Files.
Installez-vous confortablement, c’est l’heure de la rétrospective.
1. L'Invasion des Profanateurs de Philip Kaufman (1978)
À San Francisco, des habitants commencent à remarquer que leurs proches ont changé. Plus froids, plus mécaniques… Comme vidés de toute émotion. Elizabeth voit les choses évoluer et décide d’en parler à son ami et collègue Matthew Bennell, inspecteur sanitaire. Ils découvrent peu à peu une terrifiante réalité : des micro-organismes extraterrestres donnent naissance à des doubles parfaits pendant leur sommeil, effaçant les originaux sans laisser de traces.
Pendant que la ville bascule lentement, Matthew et quelques survivants tentent de comprendre et de résister à cette invasion silencieuse, où l’ennemi n’est pas armé. Le danger ? Impossible à détecter. N’importe qui peut être « remplacé »…
Mon avis :
L’Invasion des Profanateurs est une adaptation du roman éponyme de Jack Finney, paru en 1955. Je ne connaissais pas le livre, je n’ai vu que le film.
Le récit est bien mené : Elizabeth est convaincue que quelque chose d’étrange est en train de se passer. Elle tente par tous les moyens de se faire entendre, mais on cherche à la faire passer pour une aliénée. Elle pense que le gouvernement est au courant de tout ce raffut, et qu’on cherche à cacher la vérité aux citoyens. Cette conspiration doit être révélée au grand jour, pour que les citoyens puissent se protéger. Hélas, la menace est bien plus grande que ça…
J’ai beaucoup apprécié cette tension, cette méfiance que les personnages commencent à avoir les uns envers les autres. Puis le ton monte lorsqu’ils comprennent que les humains sont copiés par des extraterrestres… puis remplacés.
La fin ne laisse rien présager de bon pour la survivante, qui a pourtant réussi à se cacher de ces créatures.
Pour moi, le film est réussi. Le casting est vraiment pas mal ! Film culte à l’ambiance paranoïaque, L’Invasion des Profanateurs interroge notre identité, la confiance envers nos proches… et la facilité avec laquelle l’humanité peut être déshumanisée, en toute discrétion.
2. Invasion Los Angeles de John Carpenter (1988)
John Nada, ouvrier solitaire et sans attaches, découvre par hasard une paire de lunettes très spéciales. Lorsqu’il les enfile, le monde autour de lui change brutalement : les publicités deviennent des messages subliminaux, et certains visages humains se révèlent être ceux… d’extraterrestres déguisés.
Il comprend alors que l’humanité est secrètement contrôlée par une élite alien, qui dissimule son emprise derrière la société de consommation, les médias et le pouvoir politique. Le pire ? Personne ne le voit.
Commence alors une traque paranoïaque, entre résistance, manipulation de masse, et éveil brutal. Nada n’a plus qu’un objectif : révéler la vérité au monde, coûte que coûte.
Mon avis :
Invasion Los Angeles est, pour certains, un film culte. Pour d’autres, c’est un film à oublier. Je me trouve entre les deux.
J’ai plutôt eu l’impression de voir un film de série B, avec une musique un peu “loubard”, trop présente tout au long du métrage. Les personnages sont caricaturaux (même si je les ai trouvés sympathiques) et je ne parle même pas de la scène de baston interminable dans la rue… Sans oublier la profondeur des dialogues (ou son absence). Bref, je n’ai pas trouvé le film détestable, mais je pense que c’est un Carpenter à voir surtout si on s’intéresse à son œuvre.
Ce côté kitsch et un brin nanardesque (qui, en soi, ne me dérange pas du tout) donne parfois l’impression que Carpenter n’était pas vraiment investi dans le projet. Pourtant, l’idée de départ était franchement intéressante.
3. The Arrival de David Twohy (1996)
Zane Zaminsky, un radioastronome brillant mais marginal, capte un mystérieux signal extraterrestre provenant d’une étoile lointaine. Enthousiasmé par cette découverte, il tente d’alerter ses supérieurs… mais se heurte à un silence inquiétant, puis se fait brutalement évincer de son poste.
Déterminé à comprendre ce qu’on cherche à lui cacher, Zane mène sa propre enquête, qui le conduit jusqu’à un village reculé du Mexique. Là, il découvre une terrifiante conspiration : les extraterrestres sont déjà parmi nous, dissimulés sous une apparence humaine, et sont en train de modifier le climat pour rendre la Terre inhabitable aux humains… mais idéale pour leur espèce.
Entre science, thriller paranoïaque et tension écologique, The Arrival propose une vision sombre d’un premier contact silencieux et manipulé, où la vérité est enterrée sous des couches de désinformation et d’intérêts cachés.
Mon avis :
The Arrival est un film intéressant sur le plan du scénario. L’histoire suit Zane, un radioastronome qui capte des signaux pouvant constituer la preuve d’une vie extraterrestre. À partir de là, tout bascule : ses preuves disparaissent, le gouvernement s’en mêle, et Zane devient malgré lui un fugitif.
Même si j’ai trouvé que la représentation des extraterrestres gâche un peu le film, l’histoire reste solide, malgré certaines évidences scénaristiques. On assiste à une course vers la vérité, comme je les aime. Charlie Sheen est convaincant, tout comme le reste du casting. Je le recommande si vous cherchez un moment de légèreté, sans trop se prendre la tête.
4. 10 Cloverfield Lane de Dan Trachtenberg (2016)
Après un violent accident de voiture, Michelle se réveille enfermée dans un bunker souterrain. Son geôlier, Howard, lui affirme qu’il l’a sauvée d’une catastrophe ayant ravagé le monde extérieur, désormais toxique. Elle n’a aucun moyen de vérifier ses dires… et très vite, le doute s’installe : est-il un protecteur paranoïaque, ou un ravisseur manipulateur ?
Au fil des jours, la tension monte dans ce huis clos anxiogène, où la peur vient autant de ce qui est dehors que de ce qui se cache à l’intérieur. Le mystère plane : faut-il croire ce qu’on lui dit, ou chercher à fuir coûte que coûte ?
Avec une atmosphère étouffante et un suspense maîtrisé, 10 Cloverfield Lane brouille les repères et joue brillamment sur la paranoïa, jusqu’à basculer vers quelque chose de bien plus inattendu…
Mon avis :
10 Cloverfield Lane est un thriller de science-fiction sous forme de huis clos plutôt intéressant. On ne sait pas vraiment si Howard, l’hôte, dit la vérité. On a plutôt l’impression qu’il s’agit d’un pervers sadique qui enferme ses victimes dans un bunker, sous prétexte d’une attaque extraterrestre, prétendant les avoir sauvées d’une mort certaine.
À partir de là, la paranoïa s’installe : dit-il la vérité, ou cherche-t-il simplement à les garder prisonnières ?
La vérité n’éclate qu’à la fin, lorsque Michelle parvient à s’échapper. Toutes les hypothèses s’avèrent exactes, mais la conclusion reste, selon moi, un peu trop prévisible.
5. The Vast of Night de Andrew Patterson et Jared Bulmer (2019)
Dans une petite ville du Nouveau-Mexique, à la fin des années 1950, Fay, une jeune standardiste curieuse, et Everett, animateur radio local, tombent sur un étrange signal sonore diffusé en plein direct. Intrigués, ils décident d’enquêter sur l’origine de ce bruit inconnu, interrompant la tranquillité de la nuit.
Au fil de leurs recherches, ils recueillent des témoignages troublants évoquant des phénomènes inexpliqués, des disparitions et des opérations militaires classées secret-défense. Plus la nuit avance, plus le mystère s’épaissit : et si ce signal venait d’ailleurs… bien au-delà de la Terre ?
Avec une mise en scène immersive, un rythme feutré et un style très inspiré des récits de science-fiction des années 50, The Vast of Night construit une atmosphère de suspense lent et envoûtant, où le doute et la fascination l’emportent sur les effets spectaculaires.
Mon avis :
Le film avait tout pour me plaire : un style années 50, de jolis plans, une histoire intrigante… mais je suis sortie du visionnage très déçue. Le rythme est lent, et les vingt premières minutes m’ont paru interminables, remplies de dialogues sans fin. Je me demandais jusqu’où tout ça allait nous mener…
À rien.
Et quand je dis « à rien », je le pense vraiment. J’ai eu l’impression de regarder un long prologue d’1h50, où l’histoire ne décolle jamais, noyée sous un flot de bavardages.
Bref, je pense que dans le registre complot “gouvernemental” et extraterrestres, on trouve bien mieux ailleurs.
◖In fine
Depuis des décennies, les films nous exposent des théories plus folles les unes des autres à travers des histoires d’aliens, de gouvernements opaques, de réalités manipulées.
On en vient à se demander : Fiction, ou aveu déguisé ?
Des agents secrets aux signaux venus du ciel, des disparitions troublantes aux doubles infiltrés… le 7e art regorge d’indices. Peut-être avons-nous déjà vu l’invisible. Peut-être qu’on nous a toujours tout montré, mais sous forme de fiction.
Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter un bon visionnage !
Ressources :
Films :
Carpenter John, Invasion Los Angeles, 1988. Disponible à l’achat et la location sur Prime Video.
Kaufman Philip, L’Invasion des Profanateurs, 1978. Disponible sur Prime Video.
Trachtenberg Dan, 10 Cloverfield Lane, 2016.
Twohy David, The Arrival, 1996. Disponible sur Lionsgate+.
Patterson Andrew, The Vast of Night, 2019. Disponible sur Prime Video.
Un commentaire
Hello dear ♥ « 10 Cloverfield Lane » est un bon film, le ravisseur croit vraiment en ses dires pour les faire croire à sa victime.
Heureusement qu’elle s’est échappée x)