La Mouche

Les adaptations de La Mouche

Les adaptations et les suites de La Mouche

Quand George Langelaan a écrit La Mouche, il ne s’imaginait sans doute pas que son œuvre allait perdurer. Du dessin animé au cinéma, l’histoire a traversé les générations, et inspiré des cinéastes aussi différents que Kurt Neumann et David Cronenberg. 

Ici, on passe en revue les adaptations et leurs suites, pour devenir incollables sur le sujet. Et si vous voulez en apprendre davantage, il y a toujours ma revue littéraire

Installez-vous confortablement, c’est l’heure de la rétrospective. 

1. La Mouche Noire, Kurt Neumann (1958)

Les adaptations de La Mouche

L’intrigue : 

À Montréal, le savant André Delambre, met au point une machine qui pourrait révolutionner l’histoire de l’humanité : un dispositif de désintégrateur-intégrateur, capable de déplacer la matière d’un point à un autre. 

Convaincu d’avoir mis au point sa machine, il tente l’expérience sur lui-même. Un événement imprévu va tout faire basculer dans l’horreur. Hélène, son épouse, se retrouve prise dans une course contre la montre afin de corriger l’irréparable.

Mon avis : 

Le film La Mouche Noire reste très fidèle au récit de G. Langelaan et est considéré comme un classique de la SF des années 50. La preuve : la nouvelle est publiée en 1957, le film sort l’année suivante.

Le résultat est à la hauteur de mes attentes. J’ai adoré la nouvelle et sa narration portée par Anne Browning (Hélène Delambre à l’écran), personnage central du drame, puisqu’elle est la seule à pouvoir rencontrer la tragédie de son mari.

À l’image, la mise en scène est agréable, le casting est solide et le maquillage de la mouche fonctionne très bien, apportant de la crédibilité à un film de cette époque.

2. Le retour de la Mouche, Edward Bernds (1959)

Les adaptations de La Mouche

L’intrigue : 

Philippe, désormais adulte, veut percer le secret des travaux de son père. Malgré les mises en garde de son oncle François, il reconstruit les machines avec lui et un technicien : Alan Hinds. Très vite, tout dégénère : entre essais ratés, meurtres, escroqueries jusqu’à une nouvelle fusion homme-mouche, la famille Delambre replonge dans le cauchemar.

Mon avis : 

Le premier film ayant été un tel succès, il fallait à tout prix surfer sur la vague. Pour moi, c’est un échec total, puisque ce second film n’est qu’une pâle copie de ce qui a déjà été fait, en moins bien.

On passe d’un film en couleurs à un long-métrage en noir et blanc, avec aucune originalité scénaristique. Le maquillage de la mouche est de moindre qualité ; ça nous donne l’impression que ça a été fait vite fait. La Malédiction de la mouche veut surtout nous imposer un happy ending… Dont on pouvait se passer.

3. La Malédiction de La Mouche, Don Sharp (1965)

Les adaptations de La Mouche

L’intrigue : 

La famille Delambre poursuit toujours ses travaux sur la téléportation. Désormais, les voyages sont possibles à travers l’Atlantique, mais le procédé est instable.

Patricia, tout juste évadée d’un asile, se retrouve au cœur du secret lorsqu’elle rencontre Martin Delambre, fils d’Henri. Elle l’épouse et s’installe sans plus tarder dans le domaine familial. La jeune femme va découvrir les dérives des expériences scientifiques de son mari et sa famille…

Mon avis : 

Ne vous fiez pas au titre : c’est un leurre. Fini les mutations génétiques avec une mouche, ici les téléportés reviennent mutilés. Je trouvais déjà que, dans le second film, les décors et les maquillages laissaient à désirer ; dans La malédiction de la mouche, c’est bien pire ! L’équipe technique semble n’avoir rien investi.

L’ouverture laissait espérer mieux, mais l’illusion ne tient pas dix minutes. Déception.

4. La Mouche, David Cronenberg (1986)

Les adaptations de La Mouche

L’intrigue : 

Seth Brundle, scientifique brillant et excentrique, dévoile à Veronica ses recherches sur les “télépods”, capables de transférer instantanément la matière d’une cabine à l’autre. Tous deux collaborent pour documenter les avancées.

Alors que les premiers essais paraissent concluants, un événement vient perturber la procédure. Après avoir testé la machine sur lui-même, Seth ne perçoit que les bénéfices de cette expérience, avant de sombrer vers le chaos. Le récit bascule vers une horreur intime, faite de transformation, d’obsession et de dilemmes moraux.

Mon avis :

Très surprise de voir autant d’avis dithyrambiques sur la réalisation de Cronenberg. 

Je n’en fais pas partie. Si j’ai mis trois étoiles, c’est pour la réflexion autour de la métamorphose physique de Seth Brundle-Mouche : c’est ce que j’attendais d’une telle mutation. Les effets spéciaux sont réussis : Chris Walas était aux commandes, et ce n’est pas n’importe qui, il a notamment travaillé pour les Gremlins… 

Côté scénario, c’est là où ça coince. Ce film hautement testostéronné (alors que j’apprécie beaucoup Jeff Goldblum) semble oublier l’essence même de l’histoire. Veronica est réduite au rôle de reporter et d’amante, alors qu’à l’origine la force du récit tient au fait que c’est une femme qui relate tout. La scène où elle apprend sa grossesse m’a achevée. 

Plutôt qu’ « adaptation », la mention « inspiré de la nouvelle La Mouche » aurait été plus juste.

5. La Mouche 2, Chris Walas (1989)

Les adaptations de La Mouche

L’intrigue : 

Né après la mort de son père, Martin Brundle est élevé dans un complexe high-tech par Anton Bartok, dirigeant de son entreprise de pointe. Son objectif : achever les recherches de Seth Brundle sur les « télépods ».

Héritier d’une modification génétique, Martin grandit anormalement et développe une intelligence hors norme. Enfant dans un corps d’adulte, il obtient un poste dans la société et l’accès aux travaux de son père. Tandis qu’il s’émancipe et tente de reprendre sa vie en main, quelque chose de plus sombre se réveille en lui…

Mon avis :

La Mouche 2 m’a laissé une bonne impression. Je n’attendais rien de ce film. Cette fois, c’est Chris Walas qui réalise la suite : on reconnaît d’ailleurs sa signature dans la conception des mutants. Ma foi, suivre l’histoire de Martin n’était pas une si mauvaise idée. J’ai sans doute préféré ce scénario, parce que l’on suit un jeune homme qui n’a rien demandé, qui doit vivre avec « le cadeau génétique » de son père et que beaucoup considèrent comme un simple sujet d’expérience.

Je pense que ce qui a fait pencher la balance, c’est l’empathie que Martin a pour les animaux, finalement comme lui : des sujets expérimentaux. Et moi, j’ai un petit cœur de guimauve…

On retrouve un clin d’œil aux premiers films du nom : Martin Delambre / Martin Brundle. La fin de « La Mouche 2 » fait écho à celle du « Retour de la mouche », où les effets de mutation deviennent réversibles pour conclure avec un happy ending. Tous ces éléments clôturent définitivement des décennies d’adaptations.

◖In fine ​

Si j’ai un seul conseil à vous donner, c’est : lisez la nouvelle de Langelaan. Sa force ne tient pas seulement aux limites et aux dérives de la science : le texte met aussi en lumière le sacrifice, l’amour et la folie. C’est là que réside l’horreur de La Mouche.

La Mouche Noire est, et restera, l’adaptation la plus fidèle, avec une esthétique soignée et un travail minutieux sur le maquillage de la créature. Personnellement, j’ai été subjuguée par la prestance de Patricia Owens : elle incarne bien Hélène.

Quant aux suites, je pense qu’elles ont été produites parce qu’il fallait à tout prix surfer sur la popularité du premier : le désintérêt est réel et ça se voit. Cronenberg, lui, propose une autre lecture : une horreur viscérale, une vraie descente aux Enfers et une fin tragique, bien sanglante. C’est ce film que la majorité des spectateurs retient, et c’est un peu dommage : on en oublie que tout cela vient d’abord de l’imagination d’un auteur.

Ce qui est intéressant, c’est que chacun peut y trouver son compte. Pour ma part, j’ai préféré le film de Kurt Neumann et celui de Chris Walas, pour des raisons totalement différentes. D’autres préféreront largement la proposition de Cronenberg et je le comprends très bien. Tous les goûts sont dans la nature : c’est aussi ce qui fait notre richesse.

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter un bon visionnage ! 📺

Ressources :

Films 🎥 : 

La Mouche Noire, Kurt Neumann, 1958, disponible à l’achat et en location sur Apple TV et Amazoin video (en VO) 

Le Retour de la Mouche, Edward Bernds, 1959, disponible à l’achat et en location sur Apple TV et Amazoin video (en VO)

La Malédiction de la Mouche, Don Sharp, 1965

La Mouche, David Cronenberg, 1986, disponible sur Disney+ et à l’achat sur Prime video

La Mouche 2, Chris Walas, 1989, disponible sur Bbox VOD

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