La Chose de Campbell a donné naissance à un imaginaire particulièrement fort, fondé sur l’isolement, la méfiance et la peur de l’inconnu. Ce récit a trouvé au cinéma un terrain d’expression privilégié, entre science-fiction et horreur, La Chose interroge autant la nature de l’altérité que la fragilité des relations humaines face à une menace invisible. C’est à travers ses différentes incarnations que ce mythe moderne a continué de se transformer et de susciter fascination et malaise.
Installez-vous confortablement, c’est l’heure de la rétrospective.
1. La Chose d'un autre monde de Christian Nyby (1951)
L’histoire se déroule dans une base scientifique isolée de l’Arctique, où des chercheurs et des militaires découvrent une créature extraterrestre prisonnière de la glace. Rapidement réveillée, cette forme de vie hostile s’échappe et menace l’ensemble de l’équipage. Tandis que l’armée privilégie la destruction de la créature, un scientifique cherche à l’étudier coûte que coûte, au risque de mettre l’humanité en danger. Le film met en scène un affrontement tendu entre instinct de survie, fascination pour l’inconnu et responsabilité morale face au progrès scientifique.
Mon avis :
Ce film de série B reprend les grandes lignes de l’œuvre originale. Toutefois, j’ai presque trouvé le film inaudible : les personnages parlent tous en même temps, ce qui crée un véritable brouhaha et donne parfois l’impression de ne plus savoir où donner de la tête. Le film n’est certes pas très rythmé, mais pour l’époque de sa sortie, il faut reconnaître qu’il fait preuve d’une vraie ingéniosité dans l’adaptation de la nouvelle de Campbell.
Ce qui est amusant à observer, c’est que, déjà dans le cinéma de science-fiction des années 50, existait cette volonté de vouloir faire copain-copain avec les extraterrestres, comme s’il pouvait y avoir du bon en chacun d’eux. La réalité revient cependant très vite : la créature, elle, n’a clairement aucune intention de fraterniser.
2. The Thing de John Carpenter (1982)
The Thing se déroule dans une base scientifique isolée en Antarctique, où une créature extraterrestre capable d’imiter parfaitement les êtres vivants s’infiltre parmi les membres de l’équipe. Incapables de distinguer l’humain de l’imposteur, les chercheurs sombrent dans une paranoïa totale, tandis que la survie de l’humanité devient un enjeu crucial si la créature venait à atteindre le monde extérieur.
Mon avis :
Je ne suis pas une fine connaisseuse de la filmographie de Kurt Russell ; j’avais surtout en tête son rôle d’Ego, le père de Peter Quill dans Les Gardiens de la Galaxie, où j’avais déjà trouvé qu’il dégageait un charisme particulièrement sympathique.
Pour moi, ce film a été une véritable découverte. J’en avais entendu parler à de nombreuses reprises, présenté comme un classique du cinéma de science-fiction, une adaptation ayant marqué toute une génération et inspiré, à l’instar de l’œuvre originale, de nombreux réalisateurs. Je comprends pourquoi : le film est profondément stressant. Enfermés dans la base, les hommes sombrent peu à peu dans la paranoïa et commencent à se méfier les uns des autres. Même moi, j’ai fini par douter de tout le monde, m’attendant à les voir tous infectés par la Chose. Quant à la fin, elle ne laisse rien présager de rassurant, même après la victoire apparente sur le monstre…
Les effets spéciaux sont typiquement « carpentériens » : organiques, dérangeants, et franchement peu ragoûtants, exactement comme on les aime. J’ai passé un très bon moment devant ce film, car j’y ai trouvé ce que je cherchais : du suspense, des frissons et de l’action.
Avec une bande-son signée Ennio Morricone, difficile de ne pas adhérer à l’ensemble de l’œuvre.
3. The Thing de Matthijs van Heijningen Jr. (2011)
Le film se déroule en Antarctique, au sein d’une base scientifique norvégienne où une équipe de chercheurs découvre une épave extraterrestre enfouie sous la glace. À l’intérieur, ils mettent au jour une créature gelée depuis des millénaires. Rapidement réveillée, celle-ci révèle une capacité terrifiante : elle peut imiter à la perfection tout organisme vivant qu’elle assimile.
Très vite, la méfiance s’installe parmi les membres de l’équipe, incapables de distinguer l’humain de l’imposteur. Alors que la paranoïa gagne du terrain et que les attaques se multiplient, la survie du groupe devient une lutte désespérée.
Mon avis :
Cet opus est annoncé comme un préquel du film de John Carpenter. Pourtant, j’ai davantage eu l’impression d’assister à un nouveau remake. Pour ma part, je ne trouve pas que le film apporte un véritable éclairage ou une réelle plus-value à l’univers existant.
Le seul aspect appréciable concerne les effets spéciaux : on peut clairement dire que les moyens ont été mis, ce qui renforce l’horreur intrinsèque de cette histoire. En revanche, qualifier le film de préquel me semble discutable ; la formule paraît mal choisie et peine à justifier son existence autrement que par la répétition.
◖In Fine
La Chose de Campbell est profondément ancrée dans la culture populaire et a inspiré un grand nombre de cinéastes.
J’ai d’ailleurs découvert cette histoire à travers l’épisode « Projet Arctique » de la série X-Files, bien avant de lire l’ouvrage. L’intrigue nous plonge immédiatement dans un huis clos oppressant : Mulder et Scully, accompagnés de deux scientifiques et d’un pilote, se rendent dans une base située en Arctique afin d’enquêter sur les meurtres d’un groupe survenus quelques jours plus tôt. De nombreux éléments clés présents dans l’œuvre originale forment un cocktail particulièrement efficace.
Côté septième art, c’est la version de John Carpenter qui m’a le plus marqué. Elle figure pour moi parmi ses meilleurs films. Le réalisateur parvient à transposer à l’écran toute la tension du récit original, sans céder à la facilité d’un happy ending. À mes yeux, il ne fait aucun doute que ce film compte parmi les œuvres majeures de sa filmographie.
Malgré l’héritage controversé laissé par Campbell (à juste titre) La Chose demeure indéniablement l’un des textes fondateurs ayant marqué durablement la science-fiction moderne.
Ressources :
Films 🎥 :
Nyby Christian, La Chose d’un autre monde, 1951
Carpenter John, The Thing, 1982, disponible à l’achat et location sur Prime Video.
van Heijningen Jr. Matthijs, The Thing, 2011, disponible à l’achat et location sur Prime Video.
4 commentaires
Bien vu,c’est vrai, très bon film et très bonne analyse ,j adhere
Merci beaucoup pour ce retour ! Plus qu’à le revoir 😉
Hello Fantas-Queen ♥ J’ai vu et aimé le film de 2011, j’étais bien concentré quand je l’avais vu ^^
Super article au passage comme à ton habitude ! ^^
Hello Mo, je te remercie pour ton passage et ton commentaire, je suis ravie que tu sois un familier avec la thématique 😘